18 septembre 2008
Evelina - Fanny Burney
Jane Austen, émule de Fanny Burney
A tous ceux et à toutes celles qui adulent miss Jane Austen, à tous ceux et à toutes celles qui ont littéralement fondus en visionnant North & South (BBC), d'après l'oeuvre d'E. Gaskell, je dis : "Emparez-vous d'Evelina !".
Je m'en souviens que si c'était encore hier. J'étais adolescente et mes parents nous avaient emmenés, mes frères et moi, passer une journée au bord de la mer, à Dieppe. D'ordinaire, je prenais plaisir à ces escapades mais, ce jour-là, j'étais tellement fébrile d'achever mon Jacqueline Monsigny, que j'ai prêté, je m'en souviens très bien, fort peu d'attention à tout ce qui m'environnait. Ni le charmant marché du samedi matin ni la houle furieuse sur les galets ne parvinrent à me distraire et à me faire ôter le nez de mon livre. Or, me dirigeant vers les marches de l'église afin de trouver un endroit où m'asseoir et rester tranquillement consacrée à mes occupations, je passai devant le déballage d'un bouquiniste qui m'aimanta inéluctablement. Mon regard fut presque tout de suite attiré par un beau roman relié, couleur ivoire vieilli, dont la première de couverture s'ornait du très subtil portrait d'une jeune fille. Une gravure si fine qu'elle semblait filigranée. Un visage d'ange irrésistible me souriait énigmatiquement. Sans même lire la 4ème de couverture, je m'emparai de l'oeuvre, secouée d'un pressentiment sismique. Je n'ai pas eu à regretter cet acte précipité...
Evelina est ce qu'on peut à juste titre nommer une "héroïne". Avec un tempérament plus naïf, moins cynique mais plus tendre que celles de Jane Austen, elle se laisse balotter par la vie tel un bouchon sur l'eau. Le récit, épistolaire, nous fait vivre de l'intérieur la passion naissante de cette jeune oie blanche pour "le monde", les plaisirs, le spectacle, le cercle social et... Lord Orville ! Je ne peux raisonnablement pas en dire plus car il faut absolument LIRE ce livre. Phénomène rare mais propre à cette oeuvre, j'ai éprouvé à chaque page lue le regret de devoir passer à la suivante et ma grande désolation fut de voir arriver la fin du roman, j'en aurais presque pleurer de dépit !
17 septembre 2008
Orgueil & Préjugés - Jane Austen
Au sommet
Celles qui connaissent cette oeuvre maîtresse de ma très-aimée Jane Austen ne m'en voudront pas de déclarer avec audace que ceux et celles qui n'ont pas encore mis leur nez dedans passent à côté d'une partie d'eux-mêmes... Orgueil et Préjugés. Deux mots qui résument tout si bien. Qu'ajouter à cela ? Si ce n'est louer la plume et le style à la fois acide et drôle de notre chère romancière so british ! Et pourtant, je n'ai jamais été inspirée par la culture anglaise. Peu s'en faut ! Pas moyen de dénicher quelque chose de correct et d'équilibré à se mettre sous la dent à l'heure des repas sur cette sacrée jolie île ; c'est sans doute pour cette raison que je me suis un jour décidée à croquer dans l'oeuvre d'Austen ? Résultat : un régal. Ne craignons pas de filer la métaphore : un sommet de délices avec juste ce qu'il faut de Chantilly pour faire bruisser aux oreilles les subtiles dentelles, le jus d'un citron pour donner l'acidité qui rendra encore plus doux au palais les sucreries des dialogues qui sont du miel sur un pain frais. Délicieux ! Et si juste, rien de trop, rien de moins que du bonheur à l'état pur.
A voir les adaptations télé et ciné généralement réussies.

