La vie rêvée d'une petite grenouille

Mon avis sur tout !

26 septembre 2008

Le réseau Corneille - Ken Follett

51GW3VGXRFL__SL500_SS100_    L'histoire dure de ces "femmes et hommes de l'ombre", de ces résistants qui, au péril de leur vie, ont décidé de dire NON ! à l'envahisseur allemand. Annihilant leur existence, surmontant leurs peurs, leurs doutes et renonçant à leurs sentiments, ils conservent au coeur l'essentiel : le courage et l'espoir. Du patriotisme ? oui, c'est l'essence même de cette oeuvre. Aux côtés des personnages, téméraires ou lâches, on tremble, on frémit, on pleure presque sur leurs destinées tant la période nous paraît encore proche. Tellement incroyable cette réalité si éloignée de nos préoccupations quotidiennes, déjà relayée loin au fond de nos mémoires et pourtant encore si vives chez nos grands-parents. Le courage que déploient les héros de ce roman dont toute l'action se déroule en France, du parachutage à la torture, coule-t-il dans nos veines à nous aussi ? Si, par malheur, demain, notre pays connaît la guerre avec son cortège de méfiances et de douleurs, saurons-nous être réactifs(ves) et nous lancer avec autant d'abnégation dans une résistance acharnée ?

    Toutes ces questions, je me les suis posées à moi-même au fil de ma lecture. J'ai dévoré le Réseau Corneille, fascinée par l'intrigue et par les soubresauts de l'action mais troublée au fond de moi de sentir que l'audace des personnages était loin d'être fictive. Je me suis souvenu des récits de ma grand-mère, de celui, tout particulièrement, qui retraçait pour moi les risques qu'elle avait encourus lorsqu'à seize ans, sous l'Occupation, alors qu'elle était alitée une jambe dans le plâtre sur son lit, les Allemands avaient fait irruption dans la maison de ses parents (mes arrière-grands-parents) pour l'inspecter et vérifier qu'il ne s'y cachait aucun juif. "Ils ont tout fouillé" me raconta Mamie "et lorsqu'ils m'ont vue allongée, ils ne m'ont pas dérangée mais ont soulevé tous les meubles, excepté le lit sur lequel j'étais. Ils sont partis après avoir mis la maison à l'envers. J'étais terrorisée : derrière mon lit s'ouvrait la trappe par laquelle on accédait à une cache dans laquelle ma mère avait effectivement logé une famille juive. A cet instant, si les Allemands m'avaient forcée à me lever et avaient bousculé ma couche, moi et ma famille aurions sans aucun doute été déportés et tu ne serais alors pas là à m'écouter", ça fait froid dans le dos, non ?



La nuit de tous les dangers - Ken Follett

41FSKW67BEL__SL500_SS100_     L'action a d'abord été lente à se mettre en place car le coeur du roman est un huis clos. Divers personnages, ayant tous une histoire "sur le feu" avec des situations bien différentes et souvent complexes, se retrouvent pris en otage dans un avion de luxe. Et le narrateur débute son oeuvre en décrivant leurs situations donc le lecteur se demande avec un peu d'anxiété quand va commencer l'aventure promise par la 4ème de couverture. Mais, comme je dis toujours : "on apprécie toujours plus ce qu'on désire longtemps" et je n'ai pas été déçue par la suite.

    Le roman se lit rapidement, il m'a laissée haletante, prise par le suspense et comme souvent avec Ken Follett, au fil de ma lecture, j'ai imaginé dans ma petite tête une adaptation cinématographique. Facile, avec des personnages ayant de forts caractères et des aptitudes physiques qu'on retrouve fréquemment dans les grosses productions américaines.

    Un très bon moment de loisir, de frisson et d'aventures. L'espace clos de l'avion rend l'atmosphère étouffante ; des liens qu'on ne devine pas tout de suite se tissent entre les personnages dans un ratio espace/temps très réduit. A lire.

18 septembre 2008

La marque de Windfield - Ken Follett

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     Noir, très noir et malsain mais tellement intriguant ! Du grand Ken Follett avec non plus de l'espionnage mais des moeurs. Angleterre, XIXème siècle, époque où les cloaques et les bordels côtoient les salons huppés des classes privilégiées aux dehors si puritains qu'ils dissimulent fatalement les frustrations et les vices qui en découlent naturellement. L'univers recréé donne le frisson et la duplicité de la plupart des personnages fait passer pour un peu moins misérable qu'elle n'est en réalité la vérité des personnages les moins pervertis du roman.

    Comme souvent avec Ken Follett, on retrouve vite ses marques de fabrique : suspens lourd et dense, érotisme sauvage et capiteux, exacerbation des passions humaines, le tout lié par un style irréprochable. ça se lit vite et bien ; le lecteur est immédiatement harponné par l'action.

    Dépaysement assuré même dans la furie d'un métro.

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