La vie rêvée d'une petite grenouille

Mon avis sur tout !

08 juin 2009

D'or et d'argent - Kathleen Winsor

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  Un pavé, 806 pages reliées, pour une histoire épopée très dense avec des dizaines de personnages féminins et masculins. Très haut en couleurs mais trop de personnages nuit gravement à l'attachement qu'on peut éprouver pour eux ! Du coup, le récit semble interminable et même si l'écriture et le style sont soignés et sûrs d'eux, on n'échappe pas à l'ennui avec des chapitres entiers où l'on est confronté à un lexique boursier complexe et engluant.

J'ai vraiment préféré le premier opus de l'auteur, Ambre.

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19 septembre 2008

Pot-Bouille - Emile Zola

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     Dans ce volet qui annonce la fortune d'Octave Mouret, personnage principal de Au bonheur des Dames, Emile Zola atteint une finesse dans l'analyse des caractères humains à mon sens jamais égalée.

    Je suis certaine que vous avez déjà eu l'occasion de contempler cette gravure XIXème siècle de l'immeuble haussmannien parisien qui illustre toute la hiérarchie sociale de cette époque (et des autres!) ? Dans l'entresol, une boutique proprette, au rez-de-chaussée, la gardienne et les remises, au premier étage (étage noble), l'aristocratie ou bien la grande bourgeoisie, au second, une bourgeoisie plus modeste, au troisième, une qui essaie d'être digne de sa classe sans en avoir les moyens matériels, au quatrième, des gens modestes, au cinquième, des ouvriers et sous les combles les mansardes des bonnes, les ateliers d'artistes et les grabas de miséreux. Une pyramide inversée dans laquelle les plus pauvres sont les plus élevés, plus proches des cieux aussi. Evidemment, Zola nous dépeint les signes extérieurs de gradation sociale de l'immeuble dans un vocabulaire savoureux qui laisse peu de doute sur sa commisération pour ses habitants. Qui vaut mieux que l'autre ? Quels liens se tissent secrètement ou au grand-jour entre les habitants de cet immeuble type ?

     De par cette disposition, toute l'action de l'oeuvre est presque réduite à un huis clos haletant à multiples rebondissements et aux destins croisés. Sur les paliers, les uns passent, les autres épient et au fond des appartements, dans les cuisines, les bonnes déshabillent leurs maîtres avec le langage ordurier et cru qui leur sied. Et dans la cour intérieure de l'immeuble se déversent comme dans un égout les secrets des gens bien comme il faut, les salissures des âmes et de la morale.

    Pot-Bouille est un savant tissage de fils noirs et gris à travers lequel résiste celui, vert, de l'espérance, qui montre le chemin vers une issue purifiée, délestée de tout ce que les ors et les tapis rouges des escaliers s'ingénient si bien à dissimuler mais qu'on nomme à juste titre la misère sentimentale.

18 septembre 2008

La Révolution (4 tomes) - Robert Margerit

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                                                                                                                                                             Ah, ça ira, ça ira, ça ira !

   La Révolution Française. Une notion qui pour les uns suscite une fièvre de curiosité et d'engouement et qui, pour d'autres, transporte immédiatement sur les chaises inconfortables d'une salle de classe, en cours d'histoire, où il fallait lutter pour ne pas gober les mouches !

   Peu de thèmes historiques ont, cependant, fait l'unanimité auprès des écrivains. Voilà un sujet qui a été expliqué, disséqué, écartelé et enjolivé sans que le lecteur y trouve toujours son content car, quelle période plus mouvementée offre plus de complexité que celle-ci ? Pourtant, nos racines nous y poussent et repoussent un jour, au moins une fois dans notre existence, pour comprendre les fondements de notre nation. Alors... on peut choisir le pavé édifiant mais peu sexy d'un historien, on peut aussi opter pour la facilité des romanesques récits de Dumas ou de Benzoni mais on peut aussi faire le choix de se plonger dans les quatre tomes de Margerit. Un monument de conciliation entre destinée politique et destinée sentimentale. Mais attention, pour ceux et celles qui aiment voir l'héroïne sur le devant de la scène, omniprésente, omnisciente et omnipotente, ils et elles en seront pour leurs frais car c'est avant tout un roman d'hommes. L'écriture est d'abord malaisée et se fluidifie au fil des pages et on passe des moments extatiques où frissons, peurs, joies et larmes se mêlent sans discontinuer.

La marque de Windfield - Ken Follett

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     Noir, très noir et malsain mais tellement intriguant ! Du grand Ken Follett avec non plus de l'espionnage mais des moeurs. Angleterre, XIXème siècle, époque où les cloaques et les bordels côtoient les salons huppés des classes privilégiées aux dehors si puritains qu'ils dissimulent fatalement les frustrations et les vices qui en découlent naturellement. L'univers recréé donne le frisson et la duplicité de la plupart des personnages fait passer pour un peu moins misérable qu'elle n'est en réalité la vérité des personnages les moins pervertis du roman.

    Comme souvent avec Ken Follett, on retrouve vite ses marques de fabrique : suspens lourd et dense, érotisme sauvage et capiteux, exacerbation des passions humaines, le tout lié par un style irréprochable. ça se lit vite et bien ; le lecteur est immédiatement harponné par l'action.

    Dépaysement assuré même dans la furie d'un métro.

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