07 décembre 2008
Nord et Sud - Elizabeth Gaskell
Superbe ! Vraiment parfaitement écrit avec une très belle sensibilité côté sentiments mais jamais de mièvrerie. Une atmosphère enveloppante qui n'enchante pas exagérément et ne fait pas penser au lecteur "Ah, j'aurais bien voulu vivre à cette époque" mais une belle peinture de la société victorienne et le très beau contraste entre l'Angleterre du Sud (celle de Miss Austen) et l'Angleterre du Nord, plus rude, plus neuve, mal dégrossie et moins policée mais plus exaltante.
Bravo ! Cela faisait longtemps que je cherchais le livre, je lui ai enfin mis la main dessus et je le conseille à tous. Seul bémol : j'ai regretté d'avoir vu le film BBC avant de l'avoir lu, je pense que j'aurais pu encore mieux l'apprécier si je n'avais pas toujours eu à l'esprit les si chères scènes du film !
18 novembre 2008
Les comédiennes de Monsieur Racine
C'est très rafraîchissant même si je trouve le style et le récit moins palpitant que chez Annie Jay. Le lecteur est invité à découvrir l'univers de quatre jeunes filles pauvres mais appartenant à la noblesse de France, sous le règne de Louis XIV, et dont l'éducation a été prise en charge par la Maison Royale de Saint-Cyr, fondée par Madame de Maintenon, seconde épouse du monarque. Charlotte au caractère frondeur, Louise la secrète, Hortense la sage et Isabeau la curieuse sont sollicitées au même titre que les autres pensionnaires de la sainte institution pour jouer Esther, écrit tout spécialement par Racine pour elles. Dans le trouble d'une adolescence exacerbée par la vie retirée et cloîtrée qu'elles mènent, les quatre jeunes filles vont vivre des aventures qui leur en apprendront beaucoup sur leurs émotions et leurs petites personnes bien jolies.
Se lit en une soirée, bien installé au chaud dans son lit. ;-)
30 septembre 2008
Floris - Jacqueline Monsigny

Suivent la Belle de la Louisiane et Les Amants du Mississipi. (Dès que j'aurai trouvé des photos des deux autres tomes, je les mettrai).
ça fait déjà un bout de temps que j'ai lu les aventures de Floris, j'étais plus jeune mais tout aussi romanesque, je l'assume parfaitement. Même Benzoni ne m'avait jamais fait cet effet-là ! Je n'en ai pas dormi, je me rappelle même avoir prétexté un malaise au boulot pour finir plus tôt et rentrer bouquiner chez moi !
Les couvertures peuvent paraître anciennes, elles le sont. Il y a eu beaucoup de ré-éditions mais ils ne se trouvent d'ordinaire que sur les sites marchands de livres d'occasion ou chez les bouquinistes.
Floris, c'est d'abord l'histoire de deux frères inséparables. Ajouter à cela de multiples aventures, un secret entourant opaquement la naissance du héros qui ne serait pas moins qu'un bâtard du tsar Pierre le Grand !, des chevauchées, des passions, des intrigues, des espions et vous obtenez un cocktail détonnant d'où naîtra des amours contrariées et bouleversantes !
De quoi mettre en appétit, non ? Moi, j'ai succombé à plusieurs reprises puisque je me suis fait le plaisir de les relire à l'âge adulte. A ma grande satisfaction, les pages n'avaient pas pris une ride !
26 septembre 2008
La nuit de tous les dangers - Ken Follett
L'action a d'abord été lente à se mettre en place car le coeur du roman est un huis clos. Divers personnages, ayant tous une histoire "sur le feu" avec des situations bien différentes et souvent complexes, se retrouvent pris en otage dans un avion de luxe. Et le narrateur débute son oeuvre en décrivant leurs situations donc le lecteur se demande avec un peu d'anxiété quand va commencer l'aventure promise par la 4ème de couverture. Mais, comme je dis toujours : "on apprécie toujours plus ce qu'on désire longtemps" et je n'ai pas été déçue par la suite.
Le roman se lit rapidement, il m'a laissée haletante, prise par le suspense et comme souvent avec Ken Follett, au fil de ma lecture, j'ai imaginé dans ma petite tête une adaptation cinématographique. Facile, avec des personnages ayant de forts caractères et des aptitudes physiques qu'on retrouve fréquemment dans les grosses productions américaines.
Un très bon moment de loisir, de frisson et d'aventures. L'espace clos de l'avion rend l'atmosphère étouffante ; des liens qu'on ne devine pas tout de suite se tissent entre les personnages dans un ratio espace/temps très réduit. A lire.
25 septembre 2008
La Florentine - Juliette Benzoni



Pourquoi cette série de quatre tomes de Juliette Benzoni m'a chamboulée ?
Sans aucun doute parce que l'écrivain sait si bien nous transporter à travers le temps et l'espace. Sans doute aussi parce que lorsque ces livres sont tombés entre mes mains, j'avais dix-sept ans et un regard assez peu critique sur la littérature. Là-dessus, ajoutez une furieuse envie de m'évader, de chevaucher aux côtés de princesses rebelles et de preux chevaliers...
La fraîcheur et la précision qui caractérisent l'oeuvre de Juliette Benzoni et qui lui vaut d'être désignée comme l'homologue d'Alexandre Dumas sont les premiers et peut-être les seuls responsables du succès que ses livres ont remporté auprès de moi. De Juliette, j'ai presque tout lu et j'ai cherché dans les brocantes pendants des années les séries Marianne, Catherine, Gerfaut, etc. bien avant qu'ils ne soient tous réédités voici quelques années.
Plus j'ai grandi et plus le côté "grand public" de ces romans m'est apparu criant et j'ai eu plus de réticences naturelles à les parcourir. Je n'y trouvais plus autant de plaisir, tout simplement. Cependant, cette série, la Florentine, qui met en scène le destin implacable de la jeune et belle Fiora reste parmi mes préférés. Deuxième oeuvre lue de l'auteur, elle fut et reste ma favorite car elle mêle dans le bon dosage (contrairement à Catherine, à mon avis) tous les ingrédients à succès de cette littérature : Histoire, amour, aventures, mystères, foi, héroïne troublante et romanesque.
Grand-Port / Cap Malheureux - Daniel Vaxelaire
Deux tomes d'aventures et de rebondissements concentrés. Du pur jus ! L'action se passe en Isle-de-France (actuelle île Maurice), à une époque où l'Empire français semble oublier sans trop de remords ses colons du bout du monde, assaillis par les forces de la Navy. Hervé, le jeune héros, pour le coup très loin d'être un anti-héros, est l'incarnation de la virilité associée à l'intelligence. En deux mots : un homme séduisant. Les trois filles de son voisin, riche planteur, ne s'y trompent d'ailleurs pas et c'est une autre forme de lutte qui s'engage, sur fond de lutte sociale entre Blancs et esclaves Noirs et de lutte politique et territoriale.
L'auteur, qui connaît à la perfection cette partie du globe, avance en terrain connu avec énormément d'humour et une plume allègre qui enchante le lecteur. Ces deux romans s'apprécient d'autant plus qu'ils font partie de ces fameux "livres introuvables" qu'on doit dénicher et beaucoup désirer avant de pouvoir les savourer à toute vitesse, comme lorsqu'on boit un verre d'eau fraîche après une longue traversée du désert. Une oasis, donc, dans un décor planté d'arbres fascinants, regorgeant de pamplemousses et de fruits exotiques, dans une atmosphère qui fleure bon les mille et une épices de ces contrées lointaines et isolées, seules dans le vaste océan. A lire dès qu'ils vous tombent sous la main !
La licorne et les trois couronnes - Valérie Alma-Marie
Treize ans ! Pas un de moins, que l'on attendait qu'un éditeur soit frappé du bon sens et réedite ce bijou romanesque ! Merci, mille fois merci ! Les aventures de Camille et de Philippe vont enfin pouvoir retrouver le chemin du public qui, j'en suis certaine, leur fera bon accueil.
La licorne et les trois couronnes est un livre qui, adolescente, m'avait empêché de dormir, je m'en souviens très bien. Je me rappelle l'avoir pris à la bibliothèque municipale et l'avoir dévoré en une seule nuit blanche ! Plus tard, adulte, j'ai constaté qu'il était introuvable excepté dans une bibliothèque à l'autre bout de Paris, je n'ai pas hésité tellement j'avais envie de le relire avec pour seule frustration de ne pas pouvoir mettre la main sur le tome 2 (de l'ancienne édition), le Griffon de Pavie. Ce n'est que bien plus tard, grâce à internet, que j'ai réussi à me le procurer et alors, là, trois heures délicieuses et trop courtes ont suffi.
Or, ce matin, qu'apprends-je ??? Une nouvelle édition qui non seulement réunit les deux premiers tomes (divisés en 2 tomes chacun) mais qui, en plus, publie la suite (2 tomes), intitulée Sur ordre du Roy et la Cavalière à la dague d'argent. Inutile de préciser que, même neuve et coûteuse, je l'ai déjà commandée !
Résumé : La Savoie en 1729. Intrépide cavalière, redoutable épéiste, la jeune Camille de Barsempierre découvre qu elle est la petite-fille du roi de Piémont-Sardaigne, Victor-Amédée II. Un médaillon en forme de licorne en atteste. Son père est mort vingt ans plus tôt, victime d un odieux complot. Menacée à son tour, Camille part trouver refuge auprès de son illustre grand-père qui lui demande de ne pas révéler son identité tant que les conspirateurs resteront impunis. Mais d autres dangers guettent la jeune fille. A commencer par le séduisant Philippe d Ambremont, officier aussi adroit aux armes qu en amour. Sur fond d intrigues diplomatiques et militaires, va naître entre Camille et Philippe une passion tumultueuse, troublée par le secret de la jeune fille... Notre princesse parviendra-t-elle à démasquer les assassins de ses parents ? Accèdera-t-elle au trône de Sardaigne ? Son amour pour d Ambremont trouvera-t-il son accomplissement ? Valérie Alma-Marie signe ici un éblouissant roman de cape et d épée. Son héroïne, aussi à l aise dans un univers d hommes qu à un bal de la Cour, déploie une séduction irrésistible qui ne laissera personne indifférent. Parfaitement documenté, écrit dans un style alerte, La Licorne et les Trois Couronnes est le premier volet prometteur d une série de huit.
19 septembre 2008
Pot-Bouille - Emile Zola
Dans ce volet qui annonce la fortune d'Octave Mouret, personnage principal de Au bonheur des Dames, Emile Zola atteint une finesse dans l'analyse des caractères humains à mon sens jamais égalée.
Je suis certaine que vous avez déjà eu l'occasion de contempler cette gravure XIXème siècle de l'immeuble haussmannien parisien qui illustre toute la hiérarchie sociale de cette époque (et des autres!) ? Dans l'entresol, une boutique proprette, au rez-de-chaussée, la gardienne et les remises, au premier étage (étage noble), l'aristocratie ou bien la grande bourgeoisie, au second, une bourgeoisie plus modeste, au troisième, une qui essaie d'être digne de sa classe sans en avoir les moyens matériels, au quatrième, des gens modestes, au cinquième, des ouvriers et sous les combles les mansardes des bonnes, les ateliers d'artistes et les grabas de miséreux. Une pyramide inversée dans laquelle les plus pauvres sont les plus élevés, plus proches des cieux aussi. Evidemment, Zola nous dépeint les signes extérieurs de gradation sociale de l'immeuble dans un vocabulaire savoureux qui laisse peu de doute sur sa commisération pour ses habitants. Qui vaut mieux que l'autre ? Quels liens se tissent secrètement ou au grand-jour entre les habitants de cet immeuble type ?
De par cette disposition, toute l'action de l'oeuvre est presque réduite à un huis clos haletant à multiples rebondissements et aux destins croisés. Sur les paliers, les uns passent, les autres épient et au fond des appartements, dans les cuisines, les bonnes déshabillent leurs maîtres avec le langage ordurier et cru qui leur sied. Et dans la cour intérieure de l'immeuble se déversent comme dans un égout les secrets des gens bien comme il faut, les salissures des âmes et de la morale.
Pot-Bouille est un savant tissage de fils noirs et gris à travers lequel résiste celui, vert, de l'espérance, qui montre le chemin vers une issue purifiée, délestée de tout ce que les ors et les tapis rouges des escaliers s'ingénient si bien à dissimuler mais qu'on nomme à juste titre la misère sentimentale.
18 septembre 2008
Le Pays du Dauphin Vert - Elizabeth Goudge
Dès les premiers chapitres de ce pavé à la couverture mystérieuse et fascinante, je me suis sentie oppressée. Sans doute parce que l'action se passe sur une île et que, cerné par l'eau, le lecteur se trouve immédiatement confronté à l'oeuvre ? Pas moyen d'échapper aux caractères si différents de ces deux soeurs que rien n'opposait jusqu'à l'arrivée d'un certain jeune homme...
Ce livre est un véritable voyage à travers le globe et l'univers des sentiments. Cette remarque qui pourrait s'appliquer à un grand nombre d'oeuvres prend une dimension et un accent particuliers pour Le pays du Dauphin Vert. Le suspens m'a tenu en haleine au fil de ces centaines de pages qui défilent plutôt lentement mais restent très colorées et souvent imprévisibles. Les paysages exotiques qui s'y lovent ne sont pas pastoraux, loin s'en faut. La fièvre ardente de la révolte des Hommes et de l'aînée des deux soeurs les habitent. Soif éperdue de liberté et d'indépendance ; soif éperdue d'être considérés et aimés.
Partout, la beauté. Sur le visage des personnages, bien fouillés par leur créatrice, sur les flots qui les emportent en compagnie du lecteur, dans la conquête d'une spiritualité sincère et poignante de la cadette... Troublante enfance et destin contrarié, passions secrètes et au bout du chemin, la vérité.
Résumé : Nous sommes au XIXe siècle dans une bourgade des îles Anglo-Normandes. La famille du jeune William emménage rue du Dauphin Vert. L’adolescent se lie à ses deux voisines, la jolie et souriante Marguerite, et la grave Marianne, plus ingrate. On rêve, on rit, on pleure, et l’on se moque de ce benêt de William qui, malgré sa préférence marquée pour Marguerite, ne peut s’empêcher de mélanger les prénoms des deux sœurs. Un détail idiot qui va bouleverser le cours de trois existences… William s’établit comme colon en Nouvelle-Zélande, toujours épris de son amoureuse d’hier. Prenant un jour son courage à deux mains, il demande par lettre la main de Marguerite. Quelques mois plus tard, il a la surprise de sa vie: c’est Marianne qui débarque du bateau.
17 septembre 2008
Orgueil & Préjugés - Jane Austen
Au sommet
Celles qui connaissent cette oeuvre maîtresse de ma très-aimée Jane Austen ne m'en voudront pas de déclarer avec audace que ceux et celles qui n'ont pas encore mis leur nez dedans passent à côté d'une partie d'eux-mêmes... Orgueil et Préjugés. Deux mots qui résument tout si bien. Qu'ajouter à cela ? Si ce n'est louer la plume et le style à la fois acide et drôle de notre chère romancière so british ! Et pourtant, je n'ai jamais été inspirée par la culture anglaise. Peu s'en faut ! Pas moyen de dénicher quelque chose de correct et d'équilibré à se mettre sous la dent à l'heure des repas sur cette sacrée jolie île ; c'est sans doute pour cette raison que je me suis un jour décidée à croquer dans l'oeuvre d'Austen ? Résultat : un régal. Ne craignons pas de filer la métaphore : un sommet de délices avec juste ce qu'il faut de Chantilly pour faire bruisser aux oreilles les subtiles dentelles, le jus d'un citron pour donner l'acidité qui rendra encore plus doux au palais les sucreries des dialogues qui sont du miel sur un pain frais. Délicieux ! Et si juste, rien de trop, rien de moins que du bonheur à l'état pur.
A voir les adaptations télé et ciné généralement réussies.





